J'ai eu l'occasion de dire tout le bien que je pense du livre de Rodolphe Cart consacré à Mélenchon. Son dernier ouvrage qui part de l'analyse du "mouvement" "C'est Nicolas qui paie" a également rencontré mon intérêt. J'ai fait parvenir à l'auteur ce petit mot:
Cher Rodolphe Cart,
Votre essai sur le mouvement
« Nicolas »(« c’est Nicolas qui paie ») m’a bien intéressé
et je pourrais en partager de nombreuses pages, notamment toutes celles qui
font le triste bilan du bradage de la France et insistent sur la nécessité d’un
sursaut populaire et identitaire. Ce que vous dites sur la crise démographique
est également à entendre – sachant que l’on ne saisit pas très bien les causes
de ce refus des enfants (« no kids »)
qui ne sont pas économiques ou sociales, mais, sans doute, bien plus profondes
que cela : il y a quelque chose à chercher du côté de l’inconscient de
l’espèce et peut-être faudrait-il se replonger dans Freud, le Freud des
dernières années.
Venons-en aux désaccords. Tout dire, moi j’en ai assez de
payer pour Nicolas.J’ai payé les études de Nicolas (les boomers pour
l’essentiel allaient au boulot à 14 ans et ne trainaient pas dans des études « supérieures »
qui forment des ignorants en masse ) et je paye chaque jour les conséquences de
l’explosion des bullshit jobs qui forment une énorme couche parasitaire… laquelle
fait penser immanquablement à la bureaucratie soviétique : managers
(hommes de ménage ?), coaches (cochers ?), contrôleurs de gestion,
contrôleurs des contrôleurs de gestion, startupers gavés d’argent public, etc.
A quoi sert cette bureaucratie capitaliste ? à faire rouler le capital
fictif sur lequel repose notre système quand le taux de profit réalisé dans la
production réelle s’effondre. La réalisation du modèle stalinien ? L’UE !
Car il faut regarder les choses en face : c’est de la
crise « systémique » du mode de production capitaliste dont il
s’agit. Le mode de production capitaliste repose sur un principe,
l’accumulation du capital (accumulez, accumulez, c’est la loi et les prophètes)
mais l’accumulation infinie dans un monde fini est impossible. Il leur faut une
bonne guerre ! Une vraie avec destruction massive de capitaux et d’humains
pour repartir sur un bon pied. On n’échappe pas à Marx ! C’est aussi le
mouvement spontané du capital qui détruit les frontières et pulvérise toutes
les communautés humaines. Le capital n’a pas de patrie !
Les solutions capitalistes et social-démocrates sont
condamnées et donc la droite et la
gauche doivent finir dans « les poubelles de l’histoire ». Il faut
prendre les choses à la racine et rouvrir l’avenir. Mais moi je suis un peu
vieux pour ça et je cherche des jeunes à qui repasser le témoin.
Cordialement,
Denis Collin

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