Lors d’une récente conférence, un de mes contradicteurs
affirma que la morale est purement individuelle, que chacun a la sienne et que
les idées de respect de la personne et de dignité sont des fariboles, ajoutant
qu’étant lui-même de tempérament plutôt libertaire, il ne pouvait donc
souscrire à mon propos. J’aurais pu lui répondre qu’on croirait entendre un
mauvais élève de Terminale, mais n’enseignant plus depuis un moment, la repartie
ne m’est pas venue. Je remercie cependant ce contradicteur libertaire qui
m’oblige à reprendre la question du relativisme, question d’autant plus
importante que ce relativisme mine non seulement la vie intellectuelle, mais
aussi la vie civique et les « bonnes mœurs » (au sens hégélien de la
Sittlichkeit).
Je me propose de réfuter tout relativisme en deux manches, contre le
relativisme dans le domaine de la connaissance (relativisme gnoséologique) et
contre le relativisme moral. La « belle » mettra aux prises
l’universalisme et l’inégalité des sociétés humaines.