mardi 7 juillet 2026

Tirer le frein d’urgence

Le spectacle de la canicule occupe les médias, même quand la canicule est passée et qu’on est revenu aux « normales saisonnières ». Pourtant, on ne devrait pas réduire ces événements météorologiques à un spectacle de la société du spectacle. En elle-même, la canicule ne dit rien de l’évolution du climat. On en a connu d’autres ! En 1718-1719, en plein « petit âge glaciaire », la France a connu une sécheresse prolongée et des températures extrêmes, causant 700000 morts. On pourra encore évoquer l’été 1911. Mais on ne peut se contenter de dire « rien de nouveau sous le soleil ». Le réchauffement climatique est à peu près avéré, même s’il frappe différemment les différents continents. Les agriculteurs et les vignerons peuvent en témoigner : les dates des moissons et des vendanges ont été sérieusement avancées. On discutera pour savoir si ce réchauffement est exclusivement dû aux activités humaines (RCA ou réchauffement climatique anthropique) ou s’il faut invoquer des causes multifactorielles. Mais dans tous les cas, une question sérieuse s’impose à nous : comment faire face à cette situation nouvelle ? Il y a eu dans le passé d’importantes fluctuations climatiques bien connues : une période assez chaude autour de la naissance de Rome jusqu’à l’empire, puis un refroidissement à quoi on tend maintenant à imputer la chute de l’empire et les grandes invasions, puis la période chaude médiévale suivie du petit âge glaciaire et une remontée forte tout au long des deux derniers siècles. On peut admettre que les changements des paramètres orbitaux de notre Terre modifiant son insolation jouent un rôle. Mais il est assez risqué d’écarter les effets de l’activité humaine et notamment la production de CO2 alimentant l’effet de serre. Quoi qu’il en soit, la simple prudence devrait nous convaincre de limiter les émissions de GES, principalement le CO2 produit par la combustion de sources d’énergie fossiles (charbon, pétrole, gaz).

vendredi 3 juillet 2026

Sur un prétendu droit de disposer de son corps et de sa vie


Lors d’une discussion sur la loi autorisant l’euthanasie (pardon, « l’aide à mourir »), un partisan de cette loi m’opposait le principe « supérieur » suivant : « je suis pour le droit à disposer de SON corps et de SA vie POINT ».  Dans cette proposition, il y a de nombreux points discutables. Mon contradicteur croit énonce un principe supérieur, mais, dans cet énoncé, à peu près tout est faux.

jeudi 25 juin 2026

Nature et liberté

Que l’homme soit libre, par nature, n’est pas un fait démontrable « scientifiquement », ce n’en est pas moins un fait empirique. Les lapins construisent des terriers de lapin, les hommes habitent des cavernes, construisent des cabanes, construisent des maisons de pierre, des palais, des buildings gigantesques, et même, s’il le faut, des sortes de terriers de lapin dans les guerres de tranchées.

mardi 16 juin 2026

Du bon usage du libéralisme



S'il existe bien un libéralisme qui se conçoit comme la liberté absolue des puissants payée de la soumission de l’immense cohorte des pauvres,  un libéralisme à la Calliclès[1], il existe cependant un bon usage du libéralisme, un libéralisme dont les linéaments se trouvent chez Spinoza, Rousseau ou Hegel, par exemple. Pourquoi défendre le libéralisme, ou du moins un certain libéralisme, au risque d’être classé dans la catégorie des « sociaux libéraux », catégorie honnie dans les milieux radicaux ? Derrière cette question, il y a plusieurs oppositions qu’il convient d’éclairer.  La première, la plus fondamentale, consiste à savoir ce que peut signifier l’émancipation de l’humanité. La pensée de Marx est placée sous ce signe : les prolétaires sont les plus aptes à mener le combat contre le capital car ils n’ont à perdre que leurs chaînes.

mardi 5 mai 2026

Sur la philosophie de Gustavo Bueno - Un article de Carlos X. Bianco

 

Carlos X. Blanco

La philosophie du professeur riojan défunt, don Gustavo Bueno Martínez (1924-2016), est extrêmement complexe. Elle est dotée d’un langage technique propre, souvent autoréférentiel, que seul le disciple dévot et persévérant finit par maîtriser pleinement. Quoi qu’il en soit, le lecteur non spécialisé en philosophie — et plus encore tout lecteur non adepte de son système prétendu — peut saisir les aspects les plus significatifs de son œuvre.

mardi 14 avril 2026

Nihilisme, disent-ils…

Il parait que l’Occident est décadent, nihiliste et déjà défait. Du moins si j’en crois des posts qui circulent sur les « réseaux sociaux » et les oracles de certains de nos grands prophètes médiatiques. Que l’Occident soit décadent, la nouvelle n’est pas très fraîche. Ostwald Spengler a rédigé le Déclin de l’Occident avant 1914. On pourrait discuter largement de cette notion d’Occident, à peu près aussi confusionniste que celle de « Nord collectif » ou de « Sud global ». Mais admettons que les anciens « maîtres du monde », l’Europe et les États-Unis forment un ensemble pertinent, que vient faire là-dedans le nihilisme ?

mardi 24 mars 2026

Le problème du relativisme moral (cours)

 1         Position du problème


Y a-t-il des règles morales qui peuvent valoir universellement ? Voilà une question qui ne se posaient guère dans les siècles antérieurs au nôtre. À la fois

Ø  parce que chacun était persuadé de détenir la seule vraie conception de la morale humaine – découlant essentiellement de la religion –

Ø  et parce que, en même temps, la diversité des sociétés humaines semblait irréductible.

Tirer le frein d’urgence

Le spectacle de la canicule occupe les médias, même quand la canicule est passée et qu’on est revenu aux « normales saisonnières ». Pourtant...