Voici un résumé de la théorie des stades de la conscience morale, telle que la conçoit Lawrence Kohlberg – un des spécialistes de la psychologie génétique avec Jean Piaget.
1. Ce
stade est celui du point de vue égocentrique. Une personne, à ce stade, ne
prend pas en considération les intérêts des autres ou du moins ne reconnaît pas
qu’ils diffèrent de ceux de l’acteur. Elle ne fait pas non plus le rapport
entre deux points de vue. Les actions sont jugées en termes de conséquences
physiques plutôt qu’en termes d’intérêts psychologiques propres à autrui. Le
point de vue de l’autorité est confondu avec le sien propre.
2. Ce
stade est celui de la perspective individualiste concrète. Une personne, à ce
stade, sépare ses propres intérêts et points de vue de ceux des autorités et de
ceux d’autrui. II ou elle est consciente de ce que chacun a des intérêts
individuels à poursuivre, que ces intérêts sont divergents, et que, pour cette
raison, le droit est relatif (au sens individualiste concret). La personne
intègre les uns aux autres ou met en rapport les intérêts individuels
divergents soit en procédant à l’échange instrumental de services, soit en
manifestant un besoin instrumental d’autrui et de sa bonne volonté, soit encore
en faisant preuve d’équité et en donnant à chacun des quantités identiques.
3. Ce
stade est celui du point de vue de l’individu en relation avec d’autres
individus. Une personne, à ce stade, est consciente des sentiments, des
conventions et des attentes partagées qui prennent le pas sur les intérêts
individuels. La personne met en rapport différents points de vue en appliquant
la « Règle d’Or
concrète » , en se
mettant aussi à la place d’autrui. II ou elle ne prend pas en considération le
point de vue généralisé du « système ».
4. Ce
stade est celui de la différenciation entre le point de vue sociétal et la
convention ou les mobiles interpersonnels. Une personne, à ce stade, adopte le
point de vue du système dans sa définition des rôles et des règles. Elle
considère les relations individuelles en termes de place dans le système.
5. Ce
stade est celui du point de vue « prééminent‑à‑la‑société ». C’est celui de l’individu
conscient des valeurs et des droits qui prévalent contre les attachements et
les contrats sociaux. La personne combine les différentes perspectives en
faisant jouer formellement les mécanismes de la convention, du contrat, de l’impartialité
objective et du procédé adéquat. Il ou elle prend en considération le point de
vue moral et le point de vue légal, reconnaît qu’ils sont divergents, mais
estime qu’il est difficile de les concilier.
6. Ce
stade est celui où l’on envisage les choses d’un point de vue moral duquel
dérivent les arrangements sociaux ou sur lesquels ils se fondent. C’est là la
perspective de tout individu rationnel qui reconnaît la nature de la moralité,
c’est-à-dire ce qui fait que la morale se fonde dans le respect d’autrui le
fait qu’on le considère comme une fin et non comme un moyen.
On pourrait considérer que le stade 3 est le stade
minimale que doit atteindre tout homme vivant en société honnêtement. Le stade 6
au contraire définirait une sorte d’excellence morale qui ne peut être exigée
de tous, mais que nous devrions essayer d’atteindre, même si c’est très
difficile et peut-être presque impossible ;
sauf pour les saints.
