Nous sommes en réalité embarqués dans un train devenu incontrôlable. Le réchauffement climatique pourrait être l’arbre qui cache la forêt ! On parle beaucoup aujourd’hui de l’empreinte matérielle de l’humanité, c’est-à-dire la somme de tout ce qu’on extrait de la Terre chaque année. Cela inclut à la fois les ressources non renouvelables comme, les métaux et les combustibles fossiles, et les ressources « renouvelables » comme les cultures et le bois. C’est un indicateur critiquable, parce que, pour le coup, il additionne les choux et les carottes. Mais il est néanmoins assez indicatif. En 1990, on extrayait 43 milliards de tonnes, 54 milliards en 2000, 92 milliards en 2017 et on prévoit 190 milliards en 2070 !
Mauvais indicateur, même s’il est révélateur, l’empreinte matérielle en elle-même ne nous dit pas quelles ressources seront épuisées en 2070, quelles ressources ne se renouvellent pas assez vite, ni quelles ressources sont dangereuses pour les travailleurs et pour l’environnement. Que le sable devienne bientôt une matière rare est une information intéressante ! La biomasse est renouvelable, surtout si on évite les pesticides, insecticides et autres engrais chimiques, mais le sable utilisé dans le béton n’est pas renouvelable, pas plus que le cobalt ou le lithium. Les déjections des vaches élevées en agriculture biologique peuvent être convenablement filtrées et alimenter des zones humides si favorables à la biodiversité, sans oublier le précieux fumier qui amende les champs. Mais les mines de cobalt polluent les rivières avec toutes sortes de déchets aussi sympathiques que l’arsenic.
Au-delà des discussions sur les indicateurs, ce que révèle l’augmentation vertigineuse de l’empreinte matérielle, c’est un effet d’accélération au cours des dernières décennies. « Drill, baby, drill » aiment à répéter les amis de Trump. Mais jusqu’où va-t-on forer la croûte terrestre ? Les chiffres mettent en évidence l’impasse radicale dans laquelle nous enfonce la « croissance ». Une croissance infinie dans un monde fini, seuls peuvent y croire des fous ou des économistes, aimait à dire Kenneth Boulding. Aux fous et économistes, il faut ajouter les politiques – quoique, généralement, les politiques soient un sous-ensemble des fous. Concernant l’énergie, on sait que jamais une source d’énergie nouvelle ne se substitue à l’ancienne, elle ne peut que s’ajouter à l’existant. Ainsi, les records de production de charbons ont été battus en 2024. Même les économies d’énergie sont inutiles : la meilleure isolation des bâtiments a permis d’augmenter la température intérieure en hiver. Les moteurs moins gourmands permettent de faire plus de kilomètres, de traîner des voitures beaucoup plus lourdes (les SUV sont une mode catastrophique), etc. La voiture électrique va faire tourner les centrales électriques allemandes fonctionnant au lignite… Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
L’IA vient couronner (provisoirement) cette marche folle. Elle promet des économies de temps et de personnel mirobolantes (surtout de travailleurs intellectuels qualifiés ou très qualifiés qui iront rejoindre en enfer les « cols bleus » victimes de la précédente « révolution industrielle »), mais, pour l’heure, elle exige des investissements massifs et consomme de l’énergie sans compter. On pense qu’une requête GPT-4 consomme dix fois une requête Google et qu’une requête GPT-5 consomme dix fois une requête GPT-4. On estime aujourd’hui à 6 % la part de l’informatique dans la consommation énergétique mondiale (2,3 % des GES). On ne va pas s’arrêter en si bon chemin. L’IA exige des km² de « data centers » et des milliers de kilomètres de câbles et, notamment, de câbles sous-marins comme ceux qui traversent le détroit d’Ormuz. Meta a annoncé un câble de 50000 km pour « booster l’IA ». La France est lancée dans la course aux data centers, bâtiments qui exigent des raccordements électriques de 100 à 1000 Mw (en gros la puissance d’un réacteur nucléaire). L’IA demande des baies consommant dix fois les baies des data centers précédents. La France, dans cette course, se vante de son électricité décarbonée, mais Musk, Microsoft et la NASA promettent mieux : des data centers en orbite dans l’espace. Seront-ils placés en orbite grâce à des fusées décarbonées ?
Et nous ne sommes qu’au début de l’aventure, si on en croit les promoteurs de cette folie. C’est évidemment intenable à plus ou moins long terme. La destruction de la Terre est engagée, et avec elle la destruction de la vie qui devra être remplacée par la vie virtuelle, celle des réseaux qui échangeront entre eux en orbite autour de notre bonne vieille Terre devenue aussi obsolète que les hommes, les bœufs ou les salamandres… Le capitalisme est l’autodestruction de l’humanité et de la nature, qui est son corps non organique. À moins que, d’ici là, les fous furieux qui se nomment politiciens n’aient déclenché le feu nucléaire, c’est-à-dire une guerre où les survivants, s’il y en a, envieront les morts.
Il n’y a aucune raison objective pour que le système redevienne raisonnable. L’IA va consommer des ressources croissantes… en vain. L’IA va permettre de faire gagner beaucoup de temps aux développeurs d’applications, mais à quoi vont servir ces applications ? À concevoir et vendre plus de choses et donc à produire plus de choses, en dernier recours. Plus de choses, plus inutiles les unes que les autres. Et le temps gagné à leur production permettra de libérer du travail des masses considérables de travailleurs. Même si nous faisons abstraction des limites objectives de la croissance, celle-ci conduit à une impasse : l’humanité devient surnuméraire et on doit s’en débarrasser. Les belles âmes, qui nous peignent la société d’abondance où nous pourrons flemmarder pendant que les machines nous procurent tout ce dont nous avons besoin, sont soit des idiots soit des escrocs et peut-être les deux en même temps. Le capitalisme n’a qu’un but : accumuler du capital, c’est-à-dire de l’argent qui en circulant accroît sa valeur. Mais par quel mystère continuerait-il d’accroître sa valeur si dans le cycle le capital (c’est-à-dire le travail mort) ne rencontre aucun travail humain vivant pour le réveiller d’entre les morts ? Si je prête d’argent à quelqu’un A et qu’il me le rend avec des intérêts, A’, il a fallu qu’il se débrouille pour gagner l’équivalent des intérêts et de quoi rembourser le capital. La circulation seule ne peut transformer A et A’ ! Le rentier peut croire que l’argent fait des petits, tout seul, comme un grand. Or quand j’utilise une machine d’une valeur A, je ne peux pas facturer A’, je ne peux facturer que l’amortissement de la machine, c’est-à-dire le prorata de la valeur de son remplacement. Sur un marché fluide, la machine ne génère jamais aucun profit. Donc si l’IA remplaçait tout le travail humain, à la longue le capital disparaîtrait de sa belle mort ! Les propriétaires devraient faire tout pour demeurer comme des rentiers prédateurs qui font payer l’accès à une ressource qui ne leur appartient plus depuis longtemps. Leur caractère parasitaire sauterait aux yeux de tout le monde.
En fait l’IA doit être rejetée pour deux raisons majeures, indépendamment de ses coûts énergétiques et environnementaux. La première raison est qu’elle fournit les outils d’un contrôle total des populations, un outil de surveillance et de domination qui vise à réduire les humains à l’état de termites. L’IA chinoise s’est d’abord développée comme outil du totalitarisme de ce pays. La deuxième raison, qui complète la première, est que l’IA produira un effondrement du niveau intellectuel de l’humanité. En général, les progrès du machinisme, de l’industrialisation et de la division du travail ont entraîné la perte massive de savoirs et de savoir-faire. Mais on pouvait admettre que la progression des savoirs théoriques et du niveau d’instruction moyen de la population pouvait offrir une compensation de ces pertes. Mais en confiant à des machines la résolution de problèmes complexes, en utilisant des IA pour produire des articles scientifiques, des mémoires et des thèses, des IA pour relire et corriger ces articles, mémoires et thèses, l’activité intellectuelle humain va disparaître. Un collègue philosophe rapporte cette anecdote si révélatrice : un professeur de philosophie aux États-Unis avait demandé à ses élèves d’écrire deux pages en réponse à ces deux questions : Quel est votre usage de l’IA ? Que pensez vous de l’IA ? En lisant les textes que ses étudiants lui avaient remis la semaine suivante, il s’est rendu compte qu’ils avaient tous été rédigés par IA. Devoirs faits par IA, cours faits par IA, corrections par les IA, professeurs et élèves sont désormais superflus. Une remarque pas totalement annexe : jusqu’à présent les IA sont entraînées par les humains et pillent allègrement les fonds de bibliothèques. Mais à terme, il ne restera plus que les IA pour « entraîner » les IA et pour s’auto-intoxiquer. Voici une version inattendue de la fin de l’humanité.
Mais ce monde n’est pour l’heure qu’un monde de science-fiction. Les IA sont des outils aux mains d’une oligarchie de plus en plus restreinte qui s’assure le contrôle des populations et l’extorsion de la part maximale de plus-value, tant qu’il y a de la plus-value produite là où on produit des marchandises, dans l’agriculture et dans l’industrie. Et là nous allons sortir du monde enchanté de la « tech » pour revenir dans la salle des machines, mettre les mains dans le cambouis et rencontrer la résistance des choses et les limites physiques de la planète.
Imaginons que sur toute la surface de la Terre le mode de production capitaliste ait éradiqué, l’IA deviendrait-elle une bonne chose ? Non ! Parce que si le mode de production capitaliste a disparu a disparu, la nécessité de produire toujours plus, à disparu l’aliénation fondamentale qui sépare l’homme de la nature. L’IA entre les mains des chefs d’une industrie nationalisée, ce serait simplement une nouvelle dictature bureaucratique, la réalisation des pires utopies staliniennes.
Que l’on prenne le problème par tous les bouts, il est urgent de freiner, c’est-à-dire de produire moins, de renoncer à une bonne part des « high tech » pour se rabattre vers les « low tech » (voir Bihouix!). Urgent de cesser de gaspiller les ressources à multiplier les gadgets : par exemple, on peut aujourd’hui manœuvrer sa voiture de l’extérieur avec la clé comme télécommande. Le conducteur redevient un petit enfant avec sa voiture télécommandée… Tout chauffeur est assez grand pour s’apercevoir lui-même qu’il pleut et qu’il doit commander les essuie-glaces, etc. Et encore ne s’agit-il que de gadgets à peu près inoffensifs. Il faut se demander si on a vraiment besoin d’augmenter de 50 % le trafic aérien d’ici 2050. Il faut se demander si on ne devrait pas rouvrir des guichets administratifs au lieu de tout mettre sur des applications de plus en plus compliquées qui obligent tout le monde a disposer d’un téléphone portable dernier cri. Est-il judicieux de produire des vêtements qui, par millions de tonnes viendront encombrer les décharges et usines à recyclage quasiment sans jamais avoir été portés ? Parmi les gros producteurs de CO2 figurent les paquebots de croisière géants et les porte-containers. Pourquoi faire venir des autos de Chine tout en fermant les usines qui les produisaient chez nous ? La liste des économies faisables sans réduire notre niveau de confort est si longue qu’il faudrait en faire un gros livre. Mais on le fera pas tant que l’accumulation du capital reste « la loi et les prophètes ».
Le changement à venir devrait être un changement en profondeur, un changement dans nos façons de voir le monde, la nature, nos rapports avec les autres. Trouve ta propre mesure, demandait la sagesse grecque. Cela veut dire : « trouve la juste mesure entre l’homme et la Terre, la juste mesure de production et de consommation nécessaire à la vie. Mais comment faire ? Où se situe cette juste mesure ? Personne ne peut le décider à l’avance. Seuls, les individus peuvent le dire, collectivement. Mais cela suppose un autre type de société. Je suivrai ici les considérations de Kohei Saïto à partir des derniers travaux de Marx. Selon cet auteur, Marx, à partir de la fin des années 1860, a abandonné le vision progressiste qui était la sienne, sous la double influence de ses recherches sur l’agronomie (notamment la lecture des travaux de Liebig, Maurer et Fraas) et des études qu’il mène sur les communautés agraires anciennes, des études qu’il entame sur la demande, notamment, de Vera Zassoulitch. C’est surtout Fraas qui le convainc de l’impossibilité d’une croissance continue de la production agricole par les engrais chimiques et de la nécessité de restituer à la terre ce qu’on lui a pris – on pourrait faire de Marx un des précurseurs du « bio ». Voilà en tout cas une question des plus sérieuses : avant de nous faire manger du « soleil vert », il faut assurer l’alimentation de la population de la Terre. On peut faire des porcheries buildings comme en Chine… mais pour l’alimentation a aura encore recours longtemps à la terre, du moins tant que les rêveries de Marcelin Berthelot annonçant le remplacement de l’agriculture par l’industrie chimique resteront des rêveries. C’est pour cette raison que le contrôle des terres agricoles est une question essentielle dans les confrontations actuelles entre grandes puissances, ce qui éclaire la question ukrainienne ou les achats massifs de terre (en Afrique, principalement) par les Chinois. Nous devrions à l’inverse nous orienter massivement vers l’agriculture biologique et bloquer l’artificialisation des sols (pas de nouvelles autoroutes, pas de nouvelles LGV, pas de nouveaux centres commerciaux et autres entrepôts logistiques) et sans doute remettre en culture les terres déprises. Il y a là aussi tout un domaine de recherche en agrobiologie qui nettement plus utile que les dangereuses plaisanteries des manipulateurs de génomes.
La deuxième des orientations du vieux Marx est non moins intéressantes. Kohei Saïto écrit à propos des communautés agraires des anciens Germains « Les communautés ancrées dans la tradition reposent sur des principes de production totalement différents de ceux du capitalisme. Comme Maurer et Fraas l’avaient indiqué, de fortes contraintes sociales existent au sein de ces communautés qui sont imperméables aux logiques de production de marchandises qui existent dans le système capitaliste. En effet, les markgenossenschaft excluaient des échanges avec le monde extérieur bien sûr la terre, mais également les produits qui en étaient issus. Ces communautés perpétuent sur la base de la tradition des types similaires de production. En d’autres termes, ce sont des économies stationnaires et circulaires qui ne génèrent pas de croissance économique. Leur caractère primitif ou ignorant n’était certainement pas la cause de faibles niveaux de productivité ou de pauvreté présumés. Même quand elles avaient la possibilité d’augmenter les heures de travail ou la productivité, elles choisissaient au contraire de ne pas le faire, et elles essayaient d’empêcher la naissance de relations de pouvoir avant que celles-ci puissent se transformer en relation de domination ou de subordination. » Alors que le Marx des années 1850 dévalorisait les communautés agraires indiennes, « Cependant, le Marx tardif affirme que c’est justement le caractère stationnaire de ces sociétés communales qui permet la résistance à la domination colonialiste, qui permet de briser la force du capital et finalement d’instaurer le communisme. Il s’agit là d’une transformation majeure. Les communautés ont non seulement le pouvoir de résister activement, mais aussi celui de faire l’histoire sous la forme du communisme. On trouve donc ici chez Marx une perception positive des économies stationnaires, aux antipodes de sa position des années 1850. » Et Kohei Saïto de conclure :
« Ce sont donc ces recherches qui lui permettent enfin de constituer les fondements d’une théorie visant à la conception d’une société occidentale future, réellement libre et égalitaire. L’analyse des voies de développement historique des sociétés non occidentales de type russe n’était pas l’objectif de Marx. S’il a étudié ces communautés, ce n’était que pour remplir son objectif principal qui était de concevoir une société future pour les sociétés occidentales et on peut considérer que ces conceptions multilinéaires semblent n’être qu’un sous-produit de ces recherches. Quatorze années de recherche plus tard, Marx conclut que la durabilité et l’égalité qui reposent sur une économie stationnaire constituent une résistance au capital et forment les fondations d’une société future. Et ce sont cette durabilité et cette égalité qui doivent être réintégrées consciemment pour dépasser la crise du capitalisme des sociétés occidentales, et la condition matérielle de cette durabilité et de cette égalité est une économie stationnaire. En d’autres termes, le communisme qu’envisageait finalement Marx était une économie équitable, durable et de décroissance. »
Que la paysannerie ait résisté longtemps au mode de production capitaliste, on a fini par s’en rendre compte. C’est une des raisons de l’acharnement de l’UE à détruire ce qui reste d’agriculture paysanne en Europe, alors que l’importance du mouvement coopératif dans l’agriculture (coopératives de production comme les GAEC, coopératives d’utilisation commune du matériel, coopératives de vente, etc.), même défiguré par le capitalisme, est une indication d’une voie de sortir de la domination du capital. Au-delà de la production agricole, il s’agirait de redonner leur importance aux métiers, à l’économie locale, à la réparation, mais aussi à la démocratie communale. Ce qui n’est pas une manifestation de nostalgie d’un monde disparu : on ne détruira pas les réseaux de communication existants qui permettent de multiplier les liens entre communautés de base. On ne renoncera pas non plus au progrès de la médecine. Décroissance ne veut pas dire privations, ascétisme et rationnement. Si nous n’achetons que des vêtements solides et non de la camelote inutilisable quand elle a été portée deux fois, la quantité de valeur (valeur travail) baissera mais la valeur d’usage augmentera. La décroissance ouvre la voie à une économie de la valeur d’usage, c’est-à-dire à une bonne gestion (de père de famille) de la production, qui permet justement de faire des économies. Ce qui peut se construire ainsi, c’est une nouvelle forme d’abondance : « Mais pour vraiment remettre en question le capitalisme, il va falloir redéfinir l’abondance sous une forme qui soit incompatible avec le consumérisme capitaliste. Cette nouvelle abondance ne doit pas compter sur les potentialités d’un développement technologique exponentiel qui nous permette de continuer à vivre comme avant. Elle doit au contraire surgir de styles de vie complètement repensés. Il faut arrêter d’associer l’abondance à la croissance économique et réfléchir avec le plus grand sérieux à celle entre la décroissance et l’abondance. » (Kohei Saito. Moins !) Dans le même ouvrage,il est écrit : « Les biens et services rares, dont l’utilisation était auparavant limitée par l’argent, pourraient être transformés en biens et services abondants. En d’autres termes, l’objectif des communs est de réduire les domaines de pénuries artificielles et d’accroître l’abondance radicale, en rompant avec le consumérisme et le matérialisme. »
On ne peut pas entrer dans le détail, parce qu’il faudrait pour cela un gros livre (et encore, ça ne suffirait) et parce que l’expérimentation a raison en dernière analyse. Reste mettre en œuvre le frein d’urgence.
Le 6 juillet 2026 – Denis Collin
Bibliographie
PMO, Voyage en Cybérie, éditions Service compris, 2026
Vioulac, J., Philosophie de la catastrophe, PUF, 2025
Kohei Saïto, La nature contre le capital, Syllepse/ Page 2, 2021
-- Moins !, Seuil, 2024
Foster, J.B, Marx écologiste, éditions Amsterdam, 2024

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire