
Le spectacle de la canicule occupe les médias,
même quand la canicule est passée et qu’on est revenu aux
« normales saisonnières ». Pourtant, on ne devrait pas
réduire ces événements météorologiques à un spectacle de la
société du spectacle. En elle-même, la canicule ne dit rien de
l’évolution du climat. On en a connu d’autres ! En
1718-1719, en plein « petit âge glaciaire », la France a
connu une sécheresse prolongée et des températures extrêmes,
causant 700000 morts. On pourra encore évoquer l’été 1911. Mais
on ne peut se contenter de dire « rien de nouveau sous le
soleil ». Le réchauffement climatique est à peu près avéré,
même s’il frappe différemment les différents continents. Les
agriculteurs et les vignerons peuvent en témoigner : les dates
des moissons et des vendanges ont été sérieusement avancées. On
discutera pour savoir si ce réchauffement est exclusivement dû aux
activités humaines (RCA ou réchauffement climatique anthropique) ou
s’il faut invoquer des causes multifactorielles. Mais dans tous les
cas, une question sérieuse s’impose à nous : comment faire
face à cette situation nouvelle ? Il y a eu dans le passé
d’importantes fluctuations climatiques bien connues : une
période assez chaude autour de la naissance de Rome jusqu’à
l’empire, puis un refroidissement à quoi on tend maintenant à
imputer la chute de l’empire et les grandes invasions, puis la
période chaude médiévale suivie du petit âge glaciaire et une
remontée forte tout au long des deux derniers siècles. On peut
admettre que les changements des paramètres orbitaux de notre Terre
modifiant son insolation jouent un rôle. Mais il est assez risqué
d’écarter les effets de l’activité humaine et notamment la
production de CO2 alimentant l’effet de serre. Quoi qu’il en
soit, la simple prudence devrait nous convaincre de limiter les
émissions de GES, principalement le CO2 produit par la combustion de
sources d’énergie fossiles (charbon, pétrole, gaz).