lundi 26 janvier 2026

Quelques leçons de notre histoire… si l’histoire peut donner des leçons

Il y a beaucoup de choses à dire de l’Ukraine. Beaucoup de choses déplaisantes, comme la corruption des classes dirigeantes, les usines à bébés, l’importance des groupes qui se réclament du nazisme ou de Bandera, auxquelles il faut ajouter les manipulations et les manigances de la bureaucratie et des gouvernements européistes. À quoi il faut encore ajouter l’instrumentalisation de la « cause ukrainienne » contre les nations d’Europe.

Il y aurait aussi beaucoup de mal à dire de Poutine qui ne risque pas, lui, d’avoir une commission anticorruption sur le dos. Sans oublier le fait que Poutine n’est peut-être, à certains égards, qu’un moindre mal comparé aux cinglés panslavistes qui le poussent aux fesses.

Lire la suite ...

dimanche 25 janvier 2026

L’humanisme aujourd’hui

 Exposé à l’Université populaire de la Roya (23/01/2026)


Propos liminaire : J’ai publié en début 2025 Devenir des machines contre la déshumanisation du monde, de la réification de l’humain. La tâche centrale disait T.W. Adorno : comprendre comment l’humanité entre au pas de charge dans l’inhumanité. Avec le travail que j’ai entrepris autour de la question de l’humanisme, j’espère montrer qu’il existe une issue positive.

vendredi 23 janvier 2026

Vérité et interprétation

Introduction : qu’est-ce qu’interpréter ?


La vérité objective suppose que l’on s’en tienne aux faits. Telle est la première règle non seulement pour toute recherche scientifique, mais pour toute affirmation sérieuse. Au contraire, selon Nietzsche : « il n’y a précisément pas de faits, mais que des interprétations » (Fragments posthumes / fin 1886 – printemps 1887).

Cette position nietzschéenne a été souvent comprise comme l’affirmation d’un relativisme ou d’un perspectivisme radical. Les faits ne se donnent jamais qu’à travers une interprétation : cela veut dire qu’il n’y a jamais de « fait brut ». Et comme l’interprétation est toujours personnelle, chacun a son interprétation et donc chacun a sa vérité, du moins la seule vérité que l’on puisse atteindre…

lundi 19 janvier 2026

J’écris ton nom : liberté !

1. On peut s’abstenir de toute préoccupation politique, chercher la sérénité à l’abri des tumultes de la vie publique. C’est une position qui peut se comprendre, surtout si on regarde sans trop de complaisance le spectacle qui nous est offert. Passé un certain âge, on peut se contenter d’essayer de passer à travers les gouttes des orages politiques, et, si le monde doit aller à sa perte, qu’il en soit ainsi. On peut aussi adopter une position en quelque sorte « sartrienne » et se tenir pour responsable du monde, c’est-à-dire se tenir pour engagé dans les affaires du monde et contraint d’exercer son jugement et sa volonté, chacun à son niveau et en partant de sa situation propre. Mais si on choisit la deuxième solution, encore faut-il le faire à partir de principes moraux solides. On sait que les politiciens professionnels et les aspirants au rôle de politicien professionnel ont des principes très élastiques et mobilisent pour justifier leurs actions des analyses qui se veulent réalistes, voire scientifiques. Ils se moquent volontiers du moraliste : ce qui vaut en théorie ne vaut rien en pratique, répètent-ils, valorisant le cynisme chic, le réalisme un peu snob des esprits qui se croient supérieurs. Il me semble, au contraire de ce réalisme prétendu, que l’on doit partir de principes fermes et les plus belles analyses ne valent que pour autant qu’elles éclairent l’action que commande ces principes.

jeudi 8 janvier 2026

Aux sources de la république laïque

L’école du peuple entre ordre et révolution.

Par Christophe Miqueu, éditions « Le bord de l’eau », septembre 2025.


Christophe Miqueu enseigne la philosophie à l’INSPE de Bordeaux et la laïcité est tout naturellement au cœur de ses réflexions. Il nous livre avec son dernier ouvrage les fruits d’une réflexion menée depuis longtemps maintenant. Sa réflexion sur la laïcité est insérée dans un travail plus général sur le républicanisme, travail dont sa thèse de doctorat, Spinoza, Locke et l’idée de citoyenneté : Une génération républicaine à l’aube des Lumières (Classiques Garnier, 2012) fournit quelques solides fondements. Il a participé ou dirigé de nombreux ouvrages collectifs qui tournent autour des mêmes questions. Son petit « guide graphique », Comprendre la laïcité (Max Milo) jetait l’esquisse de l’ouvrage actuel. Christophe Miqueu est aussi un politique pratique. Maire (DVG) de Sauveterre en Guyenne, il a aussi été un compagnon de « La Sociale ».

samedi 3 janvier 2026

Les stades de la conscience morale selon Lawrence Kohlbert

 


Voici un résumé de la théorie des stades de la conscience morale, telle que la conçoit Lawrence Kohlberg – un des spécialistes de la psychologie génétique avec Jean Piaget.

mardi 2 décembre 2025

In English

 For my English-speaking readers, English translations of some of my works are available, generally in ebook format.






dimanche 23 novembre 2025

Résistance au mal


 Il est très difficile de résister au mal. D’abord, parce que le mal est attirant, il a souvent des couleurs chatoyantes, il promet, sans barguigner, tout ce que l’on veut. Tout d’abord, le mal en lui-même peut être désirable (cf. supra sur le rôle de la destructivité). Comme le disait Médée, « je vois le meilleur, je l’approuve et je fais le pire ». Les passions funestes obéissent toutes à cette logique. La volonté du sujet est anéantie et pourtant, il se croit le plus libre quand il cède à cette passion. L’ivrogne croit vouloir librement s’enivrer, faisait remarquer Spinoza : il se croit le plus libre au moment même où il est totalement assujetti à l’objet de son désir.

vendredi 31 octobre 2025

« No kids »


L’effondrement de la natalité un peu partout – seule l’Afrique résiste encore – est un signe. Comme l’homme de Neandertal, sapiens pourrait disparaître sans même avoir recours à une catastrophe nucléaire, par extinction lente, après avoir provoqué une extinction massive des êtres vivants sur notre planète. Toutes sortes de raisons sont avancées pour refuser de perpétuer l’espèce. Les femmes « émancipées » ne veulent se soumettre à la servitude de la maternité. Mettre au monde des enfants aujourd’hui est presque un crime contre la planète.

samedi 25 octobre 2025

A propos de "Mélenchon, le bruit et la fureur"

Cher Rodolphe Cart,

J’ai lu avec un intérêt soutenu votre livre consacré à Mélenchon, le bruit et la fureur. Portraits d’un révolutionnaire (éditions La nouvelle librairie). C’est un livre  dont je recommande chaudement la lecture parce que, prenant Mélenchon au sérieux, il s’efforce d’en retracer la cohérence par-delà les changements d’orientation à telle ou telle période d’une longue vie politique. L’examen des différentes facettes du personnage, dont vous faites une sorte de tomographie vous permet de donner une vision assez complète de sa pensée politique, sans vous engager dans des polémiques sur les pratiques réelles de Mélenchon aux différents moments de sa vie politique, sans vous engager non plus dans le récit de ses rapports avec ses amis, si souvent rejetés d’un simple twitt ou coup de téléphone définitif.

mercredi 8 octobre 2025

Lecture d’Anarchéologie. Fragments hérétiques sur la catastrophe historique par Jean Vioulac (I)


J’ai eu plusieurs fois l’occasion de dire combien j’estime le travail philosophique de Jean Vioulac qui est certainement un des auteurs dont je me sens le plus proche. Il est vrai que nous avons tous les deux une figure de référence commune, celle de Marx, que nous refusons de laisser enterrer sous les décombres de la vulgate du marxisme. Nos parcours se croisent et se recroisent. Mon dernier livre, Devenir des machines agite des thématiques qui sont bien proches des derniers ouvrages de JV.

samedi 16 août 2025

La fin du désir et l’érotiquement correct


Les questions sociétales, c’est-à-dire essentiellement les questions tournant autour du sexe, des rapports entre les sexes et de la mort occupent une place considérable dans l’espace public. Avoir des réticences sur le « mariage homosexuel » ou sur la « PMA pour toutes » vous condamne derechef aux enfers. Se met ainsi en place un « nouvel ordre érotique », pour parler comme le philosophe italien Diego Fusaro. Ce que je voudrais montrer, c’est que cet « érotiquement correct » s’inscrit pleinement dans le processus de « désublimation répressive » analysé voilà plus de soixante ans par Herbert Marcuse. Loin d’une libération de l’Éros, il pourrait bien en signifier le déclin, vaincu par les forces de Thanatos, cette pulsion de mort qui taraude la société capitaliste d’aujourd’hui.

lundi 4 août 2025

L'amour du tyran


"Les hommes combattent pour leur servitude comme s'il s'agissait de leur salut", disait Spinoza (TTP). L'amour du tyran est un phénomène massif et dramatique du siècle précédent et du siècle en cours. D'autant plus étrange que nous nous prétendons "éclairés" et "émancipés". Il me semble qu'un fil (rouge, je ne crois pas) relie l'amour de Staline, celui de Mao et celui de l'islamisme. Ce fil est la haine de la civilisation européenne - les sacrifices pulsionnels qu'impose la civilisation nourrissent cet haine dont Freud a très bien parlé. Ajoutons le poids écrasant de la liberté - il est si facile d'avoir un livre qui a toutes les réponses, un maître qui pense à votre place et un officier qui vous commande. Enfin la tyrannie offre, au moins par procuration, les jouissances du pouvoir sur les autres: si vous êtes un adepte du tyran, le mal qu'il cause est l'objet d'une jouissance de transfert. Entre le tyran réel et ses adeptes demeure une différence essentielle. Les tyrans réels tuent réellement, alors que leurs adoptent doivent se contenter du spectacle. Si Mao était Caligula, nous avons surtout eu droit, en Europe, à des Pères Ubu.



Il rivoluzionario professionista


Lenin ha inventato una delle idee più assurde che la teoria politica abbia mai concepito, quella del «rivoluzionario professionista», ovvero dell'individuo il cui mestiere è preparare e fare la rivoluzione. Il rivoluzionario professionista è, secondo Lenin, il portatore della coscienza di classe, colui che, in quanto membro del partito rivoluzionario, detiene la verità e solo lui può quindi dire ciò che il proletariato potrebbe esprimere se non fosse vittima della sua alienazione e rinchiuso nel suo ristretto pensiero “sindacalista”. Il rivoluzionario professionista ha dato il colpo di grazia a un movimento operaio già ampiamente incrostato nella burocrazia e nel dominio dei «sapienti», intellettuali borghesi di ogni genere. Si dovrebbe riprendere, da dove l'ha lasciata Édouard Berth, l'analisi dei Méfaits des intellectuels (I misfatti degli intellettuali).

mercredi 16 juillet 2025

Avec André Leroi-Gourhan


On doit à André Leroi-Gourhan, le grand paléontologue, d’avoir dégagé les principales étapes de cette révolution qui produit le genre humain.

L’hominisation est le premier processus, celui des modifications biologiques à partir des singes hominidés. La station verticale est le facteur décisif : l’histoire de l’homme ne commence pas par le cerveau, mais par les pieds, dût notre amour-propre en souffrir ! Cette évolution biologique est souvent attribuée, selon les dogmes en vigueur, à la pression sélective. Mais il n’est certain du tout que l’évolution des espèces ait pour seul facteur la pression sélective, comme l’affirme la théorie synthétique de l’évolution. Il y a une part de hasard considérable et beaucoup de mutations seraient neutres du point de vue sélectif, comme l’affirment les « neutralistes »[1]. On peut aussi imaginer des tendances à la complexité et une ligne évolutive de l’intelligence, en reprenant les thèses de Bergson qui sont injustement passées sous silence aujourd’hui[2]. Quoi qu’il en soit, il y a bien une évolution naturelle qui conduit au genre humain.

dimanche 29 juin 2025

La philosophie contre l'IA


L'épreuve de philosophie du baccalauréat 2025 fut classique. Parmi les sujets: « La vérité est-elle toujours convaincante?» Un professeur a eu l'idée de demander à chatGPT de rédiger sa propre "copie". Des professeurs sollicités donnèrent une excellente note à cette copie, entre 18 et 20! (voir la copie de chat GPT). J'ai sollicité l'avis éclairé de quelques collègues. Voici la réponse de Jean-Marie Nicolle.

mardi 24 juin 2025

Réflexions sur le droit international

 

Réflexions sur le droit international

Le droit international est régulièrement invoqué pour défendre telle ou telle cause. La nation qui vous déplaît est accusée de violer le droit international. Le problème est que nul ne peut dire réellement ce qu’est le droit international. Il existe de très nombreux traités, auxquels les États souscrivent… ou non, et auxquels ils se conforment ou non, quand ils les ont signés. Ainsi la Cour pénale internationale qui prononce des inculpations, des mandats d’arrêt, etc., n’est reconnue ni par les États-Unis, ni par la Russie, ni par la Chine, ni par Israël, ni par l’Iran. Mais l’Afghanistan est membre de cette CPI ainsi qu’un « État de Palestine » que de très nombreux pays, signataires ou non de la convention créant la CPI, ne reconnaissent pas…

samedi 7 juin 2025

L’abus de droit et de droits nuit gravement à la santé


On est en train de voter une loi pour le droit à mourir, ou plus exactement pour le droit d’être tué par une âme compatissante. On a mis en place depuis le longtemps le droit à changer de sexe (pardon, j’emploie encore des gros mots). À l’école, les élèves ont le droit à la réussite (égale pour tous). Les homosexuels ont le droit d’être homosexuels et les lesbiennes le droit d’être lesbiennes. À toute occasion, chacun exhibe ses droits et en toutes circonstances on fait appel au droit pour régler ses comptes avec ses ennemis du moment. Les lois se multiplient à n’en plus finir.

De la haine

La haine de la haine est devenue quasi universelle. Il faut traquer les discours de haine et même les punir. Un certain parti s’appellerait le RHaine, successeur du FHaine, deux surnoms qui devraient suffire à le discréditer. Comme on confond tout et que les mots n’ont plus beaucoup de sens, les haineux sont des « phobes ». Celui qu’on qualifie d’islamophobe est censé haïr les musulmans et même les persécuter par la parole – au moins – alors que les phobies sont des peurs névrotiques : les claustrophobes ne haïssent pas les portes… On confond trop souvent craindre et haïr.

lundi 19 mai 2025

Mourir, un nouveau droit !


Lors d’un échange sur « les réseaux sociaux », à mon post dénonçant le projet de loi légalisant l’euthanasie, j’ai reçu de nombreuses réponses, toutes révélatrices de l’ambiance « morale » de notre temps.

Quelques leçons de notre histoire… si l’histoire peut donner des leçons

Il y a beaucoup de choses à dire de l’Ukraine. Beaucoup de choses déplaisantes, comme la corruption des classes dirigeantes, les usines à bé...